A Appenzell, deux facettes de la tradition se côtoient…
Dans le train qui mène de Saint-Gall à Appenzell, les habitués guettent d’un œil attentif les nouveaux visages. Une dame d’une soixantaine d’années me sourit.
La tradition commerciale
Sur le quai, la femme me demande le nom de mon hôtel. M’indiquant la direction de sa maison, elle me propose de faire un détour afin de me montrer l’Office de tourisme. Une fois le bureau dépassé, elle m’emmène vers les boutiques de souvenirs tout en m’interrogeant : « Vous venez d’où », « Vous connaissez Appenzell ». Cette situation me fait sourire. Je repense à mon voyage au Maroc et aux légendaires questions souvent accompagnées d’une « présentation » d’objets artisanaux.
Dans les ruelles appenzelloises, c’est le souk à la suisse : figurines en bois, habits, cloches et colliers pour chiens avec vaches dorées, la tradition se décline en multiples exemplaires. Et derrière ce commerce, des restes de tradition que certains tentent de se réapproprier.
Röstipizza et tradition
Plus tard dans la soirée, seule cette fois-ci, je souhaite quitter les lieux touristiques. Lorsque je pense cette mission impossible, j’aperçois une enseigne rigolote avec une ardoise au titre accrocheur : « Unser hit : Röstipizza ». En dessous, la spécialité : « Apfelstrudel mit vanillesauce ». Je franchis le seuil de la porte…
De la dentelle sur les tables et aux murs, des fleurs trop colorées pour être vraies, de la «Streichmusik» (musique traditionnelle appenzelloise) et surtout six têtes qui se retournent et me disent : «Grüezi».
« Ti-bi-ta-bi » ou « di-bi-da-bi »
Une fois le repas terminé, le patron engage la discussion. Amical, il me donne de multiples prospectus de la région et me montre un reportage réalisé sur son restaurant. Je suis ensuite invitée à prendre place à table avec les habitués.
Le propriétaire m’offre des dessous de verre à bières appenzellois, soigneusement emballés sous cellophane. Il me montre un livre de poche avec les chants traditionnels. Ni une, ni deux, la tablée entière chante en coeur. Puis je suis invitée à goûter un café typique, avec de l’Appenzeller (alcool aux herbes) et de la crème chantilly : le « ti-bi-ta-bi » ou « di-bi-da-bi » (le passage de l’oral à l’écrit ne fait pas l’unanimité).
Rythmée par les chants, les rires et les spécialités régionales, cette soirée me fait découvrir la seconde facette du mot « tradition » à Appenzell.

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