Marché du muscle
Marché des transferts : Chaque été, de juin à août, la planète football vît au rythme des transferts. Découverte de cet univers au côté de José Gonçalves, joueur du FC Sion, qui nous fait vivre cette période de l’intérieur.
Du premier juin au trente-et-un août, le monde du football est en ébullition. Pendant trois mois, les clubs et les joueurs cherchent à faire la bonne affaire. Au-delà de cette date et jusqu’à la trêve hivernale, les transferts ne sont plus autorisés. Autant dire que c’est une période haletante pour tous les acteurs du ballon rond. Tout au long du « Mercato » (nom donné à la période des transferts), José Gonçalves, joueur du FC Sion de 25 ans, n’est jamais très loin de son téléphone. « C’est une période durant laquelle je suis généralement beaucoup en contact avec mon agent qui fait le relais entre les clubs et moi » raconte-t-il en raccrochant son IPhone. Les dépenses et les revenus liés au marché des transferts de l’Axpo Super League (première division suisse) se montent à quinze millions de francs suisse. A titre de comparaison, les transactions de la première ligue anglaise représentent quant à elle plus de cinq cent million de francs.
Le joueur ; une marchandise comme une autre : Le marché des transferts fonctionne comme n’importe quel autre marché. Des acquéreurs et des vendeurs se rencontrent pour s’échanger une marchandise : les joueurs. En 2010, lorsque José jouait en Ecosse, sa valeur était estimée à plus de deux millions et demi de francs suisse. Le joueur du FC Sion précise que ce prix est une évaluation faite sur la base de plusieurs critères : les performances individuelles, le prestige du club et aussi le nombre de sélections en équipe nationale. Lors de ce « mercato » d’été 2011, suite à une blessure qui l’a entraîné hors des terrains pendant plusieurs mois, la valeur du Suisse-Portugais a changé. Sur la route qui le conduit à l’entraînement, José raconte comment, il y a deux mois, il a finalisé son contrat dans le chef-lieu du Valais. « Mon agent et moi avons rencontrés les dirigeants du FC Sion pour trouver un terrain d’entente. Après négociation nous sommes tombé d’accord pour un contrat d’une durée de quatre ans». Sachant que la valeur du jeune joueur va certainement grimper ces prochains mois, le club valaisan avait tout intérêt à trouver un accord sur plusieurs années. Si un club veut s’assurer les services de José dans ce laps de temps, il devra payer une indemnité de transfert au FC Sion évoluant autour de la valeur du joueur estimée sur le marché au moment de la transaction.
L’entourage. Durant la période des transferts, tout un monde gravite autour du joueur. Dimitrios Papadopoulos, l’agent de José basé à Zurich au sein du cabinet d’avocat Müller & Paparis, s’occupe du joueur, de la négociation du contrat à l’approvisionnement du matériel. Assis autour de la grande table de réunion du cabinet, Dimitrios explique qu’il « est important que le joueur soit concentré uniquement sur ses performances sportives ». Lors d’un transfert, ce spécialiste des marchés Suisse et Allemand, explique pourquoi il privilégie le temps de jeu du joueur au montant de la transaction. « Si tu fais un gros transfert, c’est possible que tu touches une grosse somme d’argent d’un coup. Mais si ton joueur est sur le banc, il va se faire oublier. Lors du prochain changement de club tu risques alors de faire une mauvaise affaire ». En plus de son agent, José se fait également conseiller sur le plan financier. « Du jour au lendemain, tu touches de grosses sommes d’argent. Il faut réfléchir sur le long terme et penser à l’après-football». En jetant un œil sur sa montre Hublot, le jeune homme qui a grandi dans une banlieue lausannoise, s’exclame en rigolant « Bon parfois il faut savoir se faire plaisir ». En rentrant de l’entraînement, José annonce une bonne nouvelle. Jusqu’ici privé de match en raison d’un litige entre le FC Sion et l’association suisse de football, le tribunal civil a finalement donné raison au club valaisan. Les six nouvelles recrues pourront retrouvés le chemin des terrains. La situation étant dorénavant stabilisée, le téléphone de José devrait se faire plus discret.

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