Tenant compte du fait que ceci est un blog, j'ai décidé de partager avec vous quelques pensées jusqu'à la fin de mon périple dans trois semaines (déjà!). N'hésitez pas à commenter/réagir en tout temps!
Mon projet est peut-être égoïste. Je m'étais fixé comme but de parcourir la frontière des langues en Suisse aussi (mais pas uniquement) dans une quête, je l'avoue, d'identité personnelle. C'est vrai que lorsque l'on aspire à une métier comme le journalisme ou tout autre métier qui fait d'une langue son outil premier, le fait d'être bilingue est quelque peu "hinderlich" – le mot me vient en allemand. Mon Langenscheidt le traduit par "gênant, embarrassant" ou "fait obstacle". J'opte pour le dernier.
Est-ce de l'ingratitude, de l'arrogance de se sentir benachteiligt/désavantagé parce qu'on est bilingue? Peut-être que je m'obstine à faire quelque chose qui est réservé aux monolingues, aux personnes qui savent manier la langue. Restons objectifs, je n'ai peut-être pas l'aisance d'un francophone "pur sang" mais j'arrive à me faire comprendre. Effectivement, je suis ingrat, que penserait un analphabète en entendant de telles doléances?
(A mon avis, le journalisme, le bon, reste un métier élitiste, c'est-à-dire réservé aux universitaires. Par "bon" journalisme j’entends toute communication qui touche le politique l'économique, des domaines très complexe dans la société actuelle. Quant au journalisme culturel, je pense qu'il s'adresse plutôt à des littéraires et amateurs d'art. Ne nous voilons pas la face...)
Bref! Si vous lisez ce blog c'est peut-être aussi parce que vous vous intéressez aux frontières des langues, au bi- et plurilinguisme. Voici une citation qui me plaît bien à ce sujet:
"Dans une ville officiellement bilingue, la frontière devient espace, et le régime linguistique passe souvent du principe de territorialité à celui de la personnalité."
Claudine Brohy, linguiste
Dans la même optique je vous recommande vivement de regarder le film rösti.quiz produit par le forum du bilinguisme de Bienne (http://www.bilinguisme.ch/CMS/default.asp?ID=1665&Language=FR). Dans un des court-métrages l'on voit des jeunes parler au téléphone en passant constamment de leur langue maternelle au suisse-allemand. La citation suivante y apparaît:
"Sometimes people code-switch for rethorical reasons, drawing on the associations of both codes. Each of the codes represents a set of social meanings. The term also reflets the fact that this kind of switching involves rethorical skills and is used to enrich the communication."
Melinda Tan, linguiste
A vous de méditer.







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