Je l'ai vu.
Aujourd'hui, pour la première fois depuis le début de mon séjour. Je m'attendais à le voir dès mon arrivée mais j'ai dû m'armer de patience.
Il était capricieux. Ne daignait pas se dévoiler. Il était arrogant. Me narguant au fil de ma route à vélo, depuis que je sillonne les cantons de Neuchâtel, Vaud et Genève. L'imaginer me rappelle des souvenirs de vacances. De bons moments passés sur l'autre versant des Alpes, entre ces villes qui ont données leur nom aux bouteilles d'eau.
Mais non, Monsieur ne voulait pas me faire ce privilège. A Neuchâtel, je croyais l'avoir aperçu. En vain. Passé Genève, je ne croyais même plus qu'il descendrait de son nuage. Si ce n'est seulement pour pointer le bout de son nez. Et puis sur la route de Genève à Martigny, entre deux rangées de vignes, j'ai cru d'abord au mirage. Non. Vraiment ? C'est lui ? Je mets pied à terre.
Son reflet se trouble dans le lac, plus bas. Il n'y a pas de doute. Des milliers d'années qu'il fascine les badauds qui lui tourne autour, comme moi. Une photo ne pourrait arriver à retransmettre les couleurs particulières à cet instant précis. Une robe blanche éclatante qui se démarque de tout ce qu'il y a autour. Imposant, il parait paisible et rassurant, quelque peu paternel. Il me suit lorsque je me remets en selle. Et il ne me quitte plus, ce Mont Blanc qui m'émerveille chaque fois que je le vois.







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