Bienne, mercredi 3 août, musée Neuhaus. Venu pour voir les aquarelles du peintre Paul-André Robert je fais la rencontre de l'équipe des "Lises", deux employées du musée qui incarnent deux modèles du bilinguisme.
Lisa, étudiante en ethnologie et en philosophie, a fait toutes ses écoles en allemand à Bienne. Elle me raconte qu'en primaire il y avait deux bâtiments pour les Alémaniques et deux pour les Romands: "A la récré c'était la guerre", dit-elle en rigolant. Pourtant l'expérience n'a pas influencé ses aprioris par rapport au français: "A Bienne, ça n'a pas d'importance quelle langue une personne parle."
Derrière la caisse, Elise représente le modèle romand par excellence. La Broyarde m'explique qu'au départ elle parlait uniquement le "hochdeutsch" et que depuis qu'elle travaille à Bienne elle glisse facilement un petit mot en "Bärndütsch": "J'ai plus de mal avec mon patron à cause du rapport hiérarchique, je me gène trop." Etudiante elle aussi, elle fait un Master en études muséales à l'université de Neuchâtel. La jeune pendulaire regrette que les gens ne soient pas plus flexibles dans son canton d'origine. Depuis qu'elle travaille à Bienne, elle n'hésite plus à saluer les germanophones d'un "Grüessech!" même lorsqu'elle est à Fribourg.
Le musée est tranquille. Cinq visiteurs ont passé aujourd'hui, personne jusqu'à 13:30 h. Elise me raconte son projet de musée itinérant: "Mon copain a un bus qui pourrait servir comme espace d'exposition pour des lanternes magiques et autres matériels de cinéma," voir aussi www.lebuspointcom.ch. Au musée Neuhaus, la cinécollection W. Piasio relate notamment la technique de l’illusion avec son exposition permanente "De la lanterne magique au cinéma."
A l'aide d'une carte, Lisa m'explique les différents cours d'eau qui traversent la ville: "Le petit canal de la Suze, Schüss en allemand, passe juste devant le musée!" Celle qui travaille à temps partiel à Winterthur pour la "Karl's kühne Gassenschau" (http://www.art-tv.ch/7849-0-Karls-kuehne-Gassenschau-Fabrikk.html?reg=5060) dit qu'elle était d'abord étonnée de ne plus voir de noms français en arrivant là-bas: "On est tellement habitué à ce que les rues soient traduites à Bienne!"
Les deux acolytes se comprennent bien. En cas de doute elles consultent le dictionnaire de la réception. Elise a appris le mot "boulot" à Lisa aujourd'hui. Ensemble elles parlent plutôt le français parce que d'après Lisa, "lorsqu'on a choisi une langue on peut difficilement changer."
Merci aux "Lises" pour cet agréable après-midi passé ensemble!

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