Nouvelle ville, nouvelle coloc'. Et Genève me réserve bien des surprises. Me voici dans les dépendances du musée Voltaire en compagnie de près d'une vingtaine de colocs. Quasiment autant de nationalités que de résidents. « Si l'on considère que les Suisses allemands viennent d'un autre pays », s'amuse Julie. Ici chacun se croise, dans une ambiance, « colonie de vacances », comme me décrit mon hôte. Des tours de ménages réguliers et des étagères attribuées dans le placard à provision organisent le lieu. C'est la coopérative de logement pour personnes en formation, dite Ciguë, qui loue ce bâtiment à des jeunes. Une aubaine, pour Julie qui, habituée aux colocs, à mis trois mois avant de trouver ce plan dans une ville où le thème de la crise du logement est un marronnier.
Plus bas, sur les rives, les fêtes de Genève battent leur plein, malgré une météo mitigée et un ramadan entamé tôt cette année, ce qui réduit le nombre de touristes sur le quai Wilson. Plus loin, à l'Est, le parking de l'Onu est clairsemé de quelques beaux spécimens à quatre roues. Il n'y a pas foule non plus.
Sur la rice gauche, dans la ville résidentielle de Cologny où le Qatar a ses quartiers, quelques estivants passent leur après midi au tennis. Dans une supérette, un monsieur d'un soixantaine d'année demande à une femme du même âge : « Bien joué ? » « Non, renchérit-elle, mais j'ai placé une carte de visite : mon après midi est gagnée. » A défaut de remporter des sets, elle travaille son networking. Reste à savoir si quelques Anglais résistent sur les terres helvètes en cette période maussade où le taux de change n'est pas en leur faveur.







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