Chère Lucerne,
Comme tant d’autres, j’ai su apprécier ton lac majestueux et tes petits ponts savamment décorés. Oui, j’ai pu découvrir tes façades colorées et tes petites ruelles pavées. J’ai savouré la beauté des montagnes qui t’entourent et les empreintes historiques que tu exhibes fièrement. Mais je ne suis pas comme ces gens de passages qui ne prennent que ce que tu as de plus beau. Je veux te comprendre…
Donne-moi ton cœur Lucerne.
Je veux découvrir ta spécialité, ta vrai couleur. Tu es timide, je le sais. La pression est grande et tu ne dois pas trahir. Des visiteurs du monde entier attendent de toi que tu égales l’idéal suisse. Mais je sais que comme toutes les autres, tu as ton lot de malheurs et de difficultés. Fais moi confiance, Lucerne, je ne te jugerai pas... Ouvre toi et abandonne ton histoire et ta perfection quelques instants pour me révéler ce que tu es aujourd’hui.
J’ai arpenté tes rues de long en large, à la recherche d’un petit quartier populaire, un espace teinté de la vie locale, un graffiti, une affichette, une petite empreinte humaine sur toi. Mais tu es si discrète, Lucerne…
Aucun débordement, tu gardes tout sous contrôle. A quelques rares moments, tu laisses entrevoir un aspect de ta personnalité, en révélant une rue animée ou un parc dans lequel quelques habitants osent discrètement se prélasser. Mais je veux en savoir encore plus. Connaître ceux qui te nourrissent aujourd’hui. Comprendre tes luttes intérieures, tes atouts et tes défauts. Tu as peur de décevoir ? C’est à moi d’en juger, mais dévoile toi… montre toi sous ton vrai jour, je veux décrouvrir ton secret.
Amicalement,
Ton étrangère







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