Dans le gîte du chalet d’alpage Lapisa dans le Val d’Illiez situé à 1790 mètres d’altitude, les randonneurs se succèdent à un bon rythme. Ce soir, ils sont huit à passer la nuit dans le dortoir où une quinzaine de matelas sont installés les uns à côté des autres. En jetant un œil par la petite fenêtre de la pièce, on aperçoit les dents du midi rincées par la pluie. En cet fin d’après-midi gris, il fait bon se réchauffer dans ce vieux chalet de pierre construit en 1840. Une fois les six premiers passés à la douche, un cri strident s’échappent de la salle de bain : l’eau est d’un seul coup devenu glaciale. Maureen Marclay, gérante du gîte s’en va changer la bombonne de gaz. Le soir, dans une petite salle à manger éclairée à la bougie, quelques promeneurs partagent le repas. Sucres lents oblige, ils ont cusisiné des pâtes au thon.
Parmi les randonneurs, Marc, 27 ans, et Mélissa, 21 ans, en sont à leur troisième jour de marche. Le jeune homme, automaticien au Mont sur Lausanne et la jeune femme, assistante dans un cabinet orthopédique ont pris trois semaines de vacances pour se lancer à l’assaut du GR5 (Grande randonnée 5). Normalement, ce sentier démarre de la mer du Nord, aux Pays-Bas, et se termine, 2600 km plus loin, à Nice au sud de la France. Comme c’est souvent le cas, les deux randonneurs suisses sont partis de St-Gingolph. Après une vingtaine de jours de marche à raison de 7 heures de randonnée par jour, la méditerranée devrait pointer le bout de son nez. Ce soir, ces deux Morgiens d’origine sont bien contents de faire une halte au refuge. « On vient de passer deux nuits sous tente et sous la pluie. Aujourd’hui on a décidé de passer la nuit au sec » disent-ils avec un brin de soulagement dans la voix. Dans leurs sacs d’une vingtaine de kilos, en plus de la tente, on trouve des habits, un sac de couchage, un réchaud et de la nourriture pour trois jours. En les quittant le lendemain matin à 8h00, le soleil est au rendez-vous. « Recontactez-nous dans trois jours, peut-être qu’on aura pris l’avion direction la Corse » lancent-ils en rigolant. Bonne route.







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