Dernier cri depuis les berges de Vevey où Charlie Chaplin, figé, regarde l'horizon : des cygnes fredonnent « Seize the day » de Wax Tailor. Un bon prétexte pour s'arrêter.
Comprendre la Suisse m'a permis d'essayer de mieux percevoir le monde, aussi « bateau » que cela puisse paraître. Retour au point de départ après plus de 1000 kilomètres sur un biclou jaune facteur, plus de 18 de résidences au fil du parcours, et un nombre inestimable de rencontres fortuites.
La diversité des échanges partagés le temps d'un simple renseignement ou de quelques jours sous le même toit a constitué l’intérêt ce voyage. Avec comme alibi, ce blog où je n'ai pu retransmettre qu'une infime partie de la richesse des récits écoutés. Toutes les histoires m'ont passionnées, même celles que je ne pensais pas être prête à entendre, car trop éloignées de mon point de vue. Faisant fi de mes préjugés, je me suis défaite d'idées préconçues. Me perdant parfois, pour mieux comprendre.
J'ai été agréablement surprise de l'hospitalité de ces nombreux Suisses d'ici et d'ailleurs, ouverts au voyage. J'ai savouré au passage quelques livres de leur bibliothèque. Ramuz, Dunant, Bouvier, Maillart : une diversité littéraire sur leur étagère qui de temps en temps, parlait pour eux. Pourtant, en pédalant, je me demandais ce qui me dérangeait dans ce confort qu'offre un pays tel que la Suisse. Peut être une gêne venant d'enjeux internationaux prenant place entre ces montagnes. Peut être la jalousie de ne pas vivre au cœur d'un espace naturel aussi riche.
Voyager en vélo m'a permis de ne pas seulement être dans l'attente mais de devenir active. Croyant avoir le temps, je me suis rendu compte que cette notion reste relative. On ne l'a jamais.
Mais on peut essayer de prendre le temps. Et il me faudra du temps pour digérer ces six semaines. Prendre du recul. Avant de repartir de plus belle, à kayak, à dos de dromadaire, en trottinette ou à cloche-pied.
Mille mercis à Manon pour son accueil spontané, Thomas pour son vélo jaune, Simone et Patrick pour m'avoir fait découvrir la Suisse traditionnelle autour de Frutigen, à Bao et son organisation de coordinateur de l'association des étudiants chinois de Zurich, à Florian et Lucia et leur petite Victoria pour leur calme apaisant, à Hui pour ses roses et à Liu pour cette bière sous 35 degrés, aux instituteurs de Mezinghen pour m'avoir raisonné le soir de leur dernier jour de classe, aux Fantastic4 devenus Fantastic3 à Zug en particulier à Simon pour sa bouteille d'eau qui a parcouru toute la Suisse.
Merci à Eva pour son ouverture culturelle, à l'Egyptien du bus, à l'énigmatique Allemand de Aarau, à Remco et sa femme pour m'avoir accueilli comme une reine, à Céline que j'espère revoir bientôt et à toute sa belle-famille et ses voisins, à toute la famille Rodriguez pour leur hospitalité, au Grand marquis pour mener jusqu'au bout ses idées folles et Santiago pour m'avoir prêté sa chambre.
Merci à Thomas pour faire partager sa passion, même à Yverdon, à ses voisins Paola et Victor pour leur goût du voyage, à Nadia pour ses conseils et son suivi toujours top, à Fanny pour avoir retardé ses vacances, à Basile pour son engagement, à Boubba et Iman pour ce thé à la menthe, à Cécile pour cette ascension à Moudon, aux familles de demandeurs d'asile de Moudon et spécialement au mamans pour leur générosité, à l'inclassable Claude, aux kebabs de Sezgin, à l'accueil portugais de Manu, à Magadis pour la visite de sa ferme et à l'énergie de Yann, à toute la fabuleuse famille d'Angelo, sa femme camerounaise et ses enfants colombiens, ainsi que son éloge de la bicyclette.
Merci à Alejandro et ses colocs Katy, Jane et Felix. Merci à Pauline pour son pep's et à ses voisins tessinois pour le bbq du 1er août, à Orphée pour ce temps de discussion, à Adjim et à Marc pour ces longs débats, à Célia pour ce bain lémanique, à Richard pour le petit vin blanc, à Omar pour être venu avec des ailes et à Benoît pour sa disponibilité, à Julie et ses 18 colocs, à Yvette pour sa musique, à Léa pour sa chambre, à Nir pour les sushis et à Sarah Jane pour sa bonne humeur.
Merci à Jenny pour son engagement et sa disponibilité, à Radu pour sa patience et son oeil, à sa coloc Daira et à ses amies Ana et Valentina pour leur curiosité et leur aide, à Julia pour m'avoir aiguillé au pied levé, à Marie-Thérèse pour ce moment de convivialité autour de fromages, à Jacky pour son optimisme et à Marion sa femme, à Yves pour ses opinions pas si fous et à la délicatesse de Dominique, à Jean-Yves pour son entrain.
Merci à Anne et Laurent pour leur chasse aux fautes d’orthographe, et à Manon, Marianne, Raphaël et Thomas avec qui nous avons partagé, virtuellement, ce voyage.
Et puis, et puis... tous ces autres compagnons de voyage que ma mémoire de poisson rouge n'a pas énuméré, le temps d'attendre un covoiturage pour rentrer sur l'autre rive du lac, en France.

Rédigé par : |