Le parc St-Jacques (Bâle)
Tout en bas des escaliers de la tribune A du stade St-Jacques, une petite chaîne indique qu’au-delà de cette limite les spectateurs ne sont pas autorisés à passer. Lorsqu’on la franchit, le gris du béton fait place au vert de la pelouse. Cette frontière est aussi la séparation entre le monde de ceux qui assistent au spectacle d’avec celui qui crée le spectacle. Dans les tribunes, on boit une bière, on mange une « bratwurst ». Autour et sur le terrain on assure le « Show ».
Le ramasseur de balle
Assis sur un tabouret pliant, Christian Baldinger, 15 ans, ne quitte pas le cuir des yeux. Ce jeune ramasseur de balle observe ses idoles avec des yeux étincelants. « Un jour Je rêve de pouvoir jouer avec les pros » explique-t-il. Pour le moment, ce bâlois d’origine, doit se contenter de garder la cage de la sélection des moins de 17 ans. Alors qu’il parle de sa passion pour le football, une attaque bâloise se déploie sur le côté. Xherdan Shaqiri tente un drible finalement contré par un défenseur valaisan. Christian se lève d’un bond est renvoie le ballon sur le terrain de jeu. De retour sur son tabouret, il lui reste encore 80 minutes pour rêver de devenir une star.
Le cameraman
Un peu plus loin, derrière sa caméra, David Merkofer s’occupe des images projetées sur les deux écrans géants du stade. Depuis dix ans, ce fan du FC Bâle suit les aventures de son club de cœur à travers l’objectif de sa caméra. « Nous sommes deux cameramen situés chacun d’un côté du terrain. Nous sommes chargés de capter les émotions des joueurs ainsi que les interviews d’avant et d’après match » explique le jeune homme caméra sur l’épaule. De temps à autre, on peut l’entendre parler dans son casque. Avec son collègue, ils se partagent des zones du terrain. David profite du fait que l’action se déroule de l’autre côté pour croquer dans son sandwich. Il lui reste soixante minutes pour en venir à bout.
Les deux Samaritains
Devant la sortie des joueurs, Renate et Birgit, la quarantaine, ont le regard qui hésite entre les joueurs et les tribunes. « Nous sommes là avant tout en cas de pépin dans les tribunes », racontent ces deux samaritains avant d’ajouter, « mais notre cœur bat pour le FCB depuis qu’on est enfant ». Lorsque Zuba, attaquant du club rhénan, manque de peu la cible d’une frappe des vingt mètres, les deux fans pestent contre les dieux du stade. Ils leur reste quarante minutes pour prier.
L'arbitre assistant
Au centre du terrain, entre les bancs des deux équipes, l’arbitre assistant tente de calmer les nerfs des deux entraîneurs. Lorsqu’il brandit son tableau électronique indiquant qu’il y aura quatre minutes d’arrêt de jeu, le FC Sion mène par trois buts à deux. Les joueurs du club valaisan s’insurgent contre ce temps additionnel. L’officiel ne bronche pas. Les photographes s’apprêtent à ranger leur matériel lorsque dans les toutes dernières secondes de jeu, Bâle égalise. 3-3, coup de sifflet final.







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