A peine arrivée par car postal à l’hôtel “Tell” du petit village de Seelisberg (Uri), je fais la rencontre de deux locaux pleins d’anecdotes, attablés à la Stammtisch du coin resto. Alex, chauffeur, et Res, informaticien, m’invitent pour une tournée de schnaps. Que j’adore l’hospitalité suisse-allemande. Et le schnaps aux fines herbes. Res porte la chemise traditionnelle par excellence, bleue claire parsemée d'edelweiss. Quant à Alex, il arbore la créole dorée à l'oreille, mode intemporelle outre-Sarine. Les deux se disent "plutôt patriotes" et "reconnaissants" plus que fiers de la Suisse.
La discussion part sur la fête nationale du lendemain (je me renseigne sur le Rütliweg, le chemin menant à la plaine du Grütli à travers la forêt que je prendrai cet après-midi) et finit avec leurs souvenirs du 1er août 2005 sur la plaine du Grütli, où des centaines d’extrémistes de droite avaient insultés Samuel Schmid pendant son discours et joué les trouble-fête.
Ci-dessous un petit extrait en allemand, dialecte local:
Res (à droite de la table) décrit les groupes organisés de jeunes filles et garçons extrémistes, tandis qu'Alex (à gauche) confesse n'avoir eu aucun problème avec eux, car ils étaient plutôt polis. Il ajoute quand même qu'ils sont "primitifs" quand ils ont bu. Avant de me poser la question: "et, toi, comment tu te comportes quand tu as bu?"
Plus tard, les patrons de l’hôtel, la serveuse et un touriste hollandais et moi-même trinquons autour de la table au dernier verre.

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