Après trois semaines de reportage, de rencontres et de « sondages » auprès de la population, une question me trotte dans la tête : que recherchent les jeunes qui soutiennent l’Union Démocratique du Centre (UDC)?
Dans la rue ou dans les bars, aucun jeune n’a mentionné soutenir ce parti. Afin d’obtenir un début de réponse, je me tourne donc vers un membre de l’UDC Valais Romand.
Portrait et commentaire d’un jeune UDC
Jérôme Desmeules, 29 ans est responsable de la qualité informatique pour le Groupe Mutuel Assurances à Martigny. Actuellement président de l’UDC de Fully et secrétaire général de l’UDC Valais, il a commencé la politique à l’âge de 18 ans : «C’est au moment où j’ai commencé à payer mes impôts. Je me suis intéressé à savoir comment l’Etat dépensait son argent et c’est à ce moment là que ça m’a énervé».
D’abord engagé au sein de la jeunesse libérale, il trouve toutefois l’ambiance « un peu trop bourgeoise» et se tourne alors vers l’UDC. Mais pourquoi ce parti ? « C’était le plus proche de mes idées et le seul qui s’était positionné. Les autres partis nous tapent dessus, mais ne proposent pas de solution. Je me suis un peu dit : on est jamais aussi bien servi que par soi-même». Pour lui, l’engagement politique c'est : «Attraper les problèmes par eux-mêmes. Certains ont plus tendance à s’asseoir et attendre que les choses se passent, moi pas».
Premier de la famille à s’engager en politique, il a su convaincre ses parents. Ceux-ci sont aujourd’hui également membres de l’UDC. Et le reste de la famille ? « Il ne faut pas en parler aux fêtes de Nöel, sinon tu casses l’ambiance, plaisante-t-il. Dans la famille, il y en a qui sont totalement à l’opposé, j’évite un peu d’aborder le sujet».
Concernant les messages chocs et provocateurs de l’UDC, Jérôme Desmeules est très au clair : «Si tu fais de la politique, c’est pour faire passer tes idées. En choquant ou en provoquant nous créons le débat. Nous positionnons ainsi notre thématique sur le terrain».
L’emploi et l’immigration
Ses préocupations concernent principalement l’emploi et l’immigration. Il soutient d’ailleurs l’initiative «Stopper l’immigration massive», lancée par son parti : «Je ne dis pas que l’immigration ne contribue pas à la société, je dis qu’elle crée une pression sur les infrastructures et que nous nous devons de la réguler».
La position de l’UDC concernant l’emploi et l’immigration séduirait les jeunes : « Ces derniers temps le huitante à nonante pourcent des adhésions ce sont des jeunes de moins de 25 ans. Nous constatons que nous avons un message qui leur parle aussi».
Il se dit d’ailleurs surpris du micro-trottoir réalisé dans les rues de Martigny (posté le 22.07.11 sur le Blog de L’Hebdo) et le manque d’intérêt des personnes interrogées : «Lorsque nous récoltons des signatures, il y a une personne sur deux ou sur trois qui signe. Un samedi matin devant une Migros, c’est une centaine de signatures ».
Commentaire, Manon Germond
Après une heure de discussion, je repars sceptique : tiens, ce n’était pas si terrible. Puis cette rencontre me trotte dans ma tête… tant de simplicité cache quelque chose.
Puis je comprends le lien entre le désintérêt de certains jeunes et l’augmentation des adhésions au parti. Tout réside dans cette simplicité du discours. Une « autoroute », qui traverse tous les maux de la société : chômage, criminalité, environnement et mobilité, par un seul remède : « réguler » et réduire l’immigration.
Bien sûr que cela séduit, pas besoin de réfléchir, de se questionner ou de se positionner. C’est tout vu : on propose une solution « multi-usage » à divers problèmes. La soi-disant panacée ! Le discours de l’UDC est tendance, clé en main : comme ces best-sellers qui proposent de devenir champion de ski en deux minutes, zen en quatre leçons, perdre 20 kilos en trois repas ou apprendre l’anglais en une nuit.
Oui, les jeunes ont peur pour leur avenir. Et oui, ils trouvent la politique « trop compliquée ». Ils choisissent donc les mesures coup-de-poing. Des semblants de solutions, mais ainsi, ils se sentent soutenus.

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