Samedi après-midi, aux alentours de 5h. Sur le pont Galata, qui relie deux parties européennes de la ville, les pêcheurs sont plus nombreux que jamais. Maintenant qu'on a appris que cette activité ne constitue pas un gagne-pain mais un hobby auquel on s'adonne seul ou, le week-end, en famille, on regrette amèrement de ne pas parler turc. De ne pas pouvoir interroger, discrètement, sur la pratique. On aimerait par exemple discuter avec cette femme qui arbore sur la tête un foulard et une casquette par-dessus, et qui tire sur la canne comme une forcenée. On aimerait bien lui demander si elle est contente de sa prise, au moment où elle redouble de grandeur de gestes pour sortir ce qui semble être un gros poisson.
De l'autre côté du pont, dans le quartier de Karaköy, les rives sont moins bondées. Juste quelques pêcheurs s'y sont installés. Probablement désireux de fuir la foule de Galata. Ils manient leurs cannes à pêche avec brio, de toute évidence peu perturbés par le bateau de croisière amarré juste devant leur nez.
On prend quelques clichés de la scène que le lieu et l'instant rendent insolites. Puis on se dirige vers LE lieu à Baklava d'Istanbul, toujours à Karaköy, chez Güllüoglu. En dégustant un Baklava aux pistaches et un café turc, on tente d'ignorer la boule au ventre qui se forme petit à petit à l'idée de quitter Istanbul et les siens (ses habitants à elle, on veut dire), à qui on ne sait pas tellement comment remercier.







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