Intemporalités
Il est des moments de la journée où on jurerait avoir déjà vu un événement se produire, ou nous expérimentons malgré nous la curieuse impression de clarivoyance sur le futur proche. Ca nous est tous arrivé de se dire un jour, "tiens, j'ai l'impression d'avoir déjà vécu ça". L'impression de vivre décalé, d'observer des restes que le passé a oublié de prendre avec en passant, des bribes d'échos de temps reculés ou l'homme découvrait la roue. Ou, si vous préférez, Le chat noir qui traverse la route deux fois, dans le même sens, à cinq secondes d'intervalle. Le bug dans la matrice. Sans cascades, pillule rouge ou pillule bleue, kung-fu, longs manteaux noirs et bullet time, quelques signes m'ont rappellé que nous vivons avec l'intemporalité.
Intemporalité de ces deux anciens postés sur un banc de marbre (quel symbole) du Corso Vittorio Emmanuelle. Tout l'après-midi à discuter. Je passe devant eux à 17h ils discutent...je repasse devant eux dans l'autre sens, à 20h, ils discutent encore, sans avoir bougé d'un millimètre. Autour d'eux, les touristes qui vont et qui viennent, des vélos, des poussettes, des scooters, des mecs qui font leur jogging, un mouvement perpétuel qui ne semble pas les affecter. Immuables et impassibles comme le marbre sur lequel ils sont assis. En Suisse nous avons les montres, eux ils ont le temps.
Intemporalité de ce chien errant que je vois tous les jours, couché sur la rue, le ventre en l'air à attendre que quelqu'un veuille bien lui faire une carresse.
Intemporalité de l'ascenceur de la préfecture de Trapani. Une cage, au sens littéral du terme. Je ne trouve pas de plaque indiquant une date, mais il est certain que cet ascenceur a quelque chose de louche. Un ascenseur Otis, et de 1853 je serais prêt à le parier:
Bienvenu dans le monde réel Neo...









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