Le quartier de Veddel est aujourd'hui le quartier de Hambourg avec la plus grande proportion d'étrangers: à l'école, seuls 15% des enfants ont l'allemand pour langue maternelle.
Historiquement, c'est pour les étrangers, et particulièrement pour les émigrants que ce quartier a vu le jour: d'ici partaient, au XIXème et début du XXème siècle, les bateaux pour l'Amérique. Un tout nouveau musée, vraisemblablement sponsorisé par la compagnie Hapag-Lloyd, retrace le trajet de ces émigrants. Très axé sur le multimédia, on peut y entendre des vrais-faux témoignages d'immigrants de l'époque, y admirer des reconstitutions des baraquements et des bateaux, y faire des recherches généalogiques afin de se trouver un oncle d'Amérique et, accessoirement, comprendre l'histoire et l'organisation des départs pour l'Amérique.
Jusqu'à la fin du XIXème siècle, Hambourg n'a pas compris les avantages à tirer de la vague d'émigration: les logements pour immigrés étaient minables, l'hygiène désastreuse et l'attitude des Hambourgeois face aux émigrants, pleine de mépris. On redoutait que tous ces Juifs fuyant la Russie, ces paysans sans un sou et ces soldats démissionnaires ne parviennent pas à partir et qu'ils restent là, parasitant les rues.
Ce n'est que plus tard, observant l'évolution de Brème et de Rotterdam, que les Hambourgeois remarquèrent la manne qu'il y avait à tirer de tous ces gens.
En 1892, la compagnie navale Hapag, fondée ici en 1847, construisit alors des baraquements sur l'île de Veddel. Mais les conditions n'étaient pas bonnes, et Rotterdam et Brème continuaient d'avoir meilleure réputation auprès des émigrants. C'est à la fin du XIXème siècle qu'Hapag fit les efforts nécessaires pour construire un paradis pour émigrants, véritable ville dans la ville, pouvant accueillir quelques 1200 personnes.
En y arrivant, les futurs émigrants se soumettaient à un examen médical, étaient lavés puis dirigés vers des baraquements à l'hygième irréprochable. Les orientations religieuses étaient rigoureusement respectées: le quartier comportait une église catholique, un temple protestant et une synagogue, et les Juifs recevaient de la nourriture casher. Certaines organisations d'aide aux émigrants, souvent religieuses, faisaient en sorte que ces derniers arrivent en Amérique dans les meilleures conditions et distribuaient des habits européens et même de l'argent aux émigrants qui n'en avaient pas, pour qu'ils ne débarquent pas les poches vides.
Au début du XXème siècle, le nombre d'émigrants ayant triplé, le quartier fut à nouveau agrandi. Pendant la première guerre mondiale, il servit d'hôpital militaire, et pendant la deuxième, de camp de prisonniers. La parfaite organisation des lieux semble en effet avoir plu à l'armée.






















