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Quetzaltenango. Littéralement, "le lieu du quetzal". Le quetzal, lui, est un oiseau très rare -du reste en voie de disparition -et l'emblème du Guatemala. Ce n'est donc pas surprenant de le retrouver sur les pièces de monnaie, monnaie qui elle-même s'appelle "le quetzal". Plus qu'un dessin sur une pièce, l'oiseau quetzal est un symbole de liberté et de paix. L'attachement des Guatémaltèques à cet oiseau remonte à la nuit des temps. Il leur vient des Mayas, les indigènes qui composent le 60% de la population du pays.
Cette liberté et cette paix, incarnées par le quetzal, n'ont pas toujours pu se concrétiser dans l'histoire guatémaltèque. La conquête espagnole, les guerres intestines (entre les différentes tribues), puis, plus récemment, les dictatures qui ont gouverné le pays, ont contribué à isoler les communautés indigènes. De 1960 à 1990, les Indiens ont dû faire face à une guerre civile entre l'Etat et les groupes rebelles de gauche, particulièrement sanglante. Déportations, arrestations ou exécutions pour des soupçons de sympathie révolutionnaire, ils constituaient malgré eux la principale cible de la guerre.
Aujourd'hui, le quetzal est en voie de disparition. Il devient d'autant plus précieux pour les indigènes. On peut l'admirer dans certains zoos du pays, ou des pays voisins. Pour ma part, j'ai eu la chance de le voir au zoo de Tuxtla.
Bruxelles, 7 juillet 2009. Entretien avec François Gobbe, l'un des fondateurs et administrateurs du Réseau international pour la justice fiscale (Tax Justice Network).
« J'ai eu tellement de farces avec des journalistes, qui en fait se fichaient complètement de l'interlocuteur, que je ne donne plus mes renseignements comme ça. » François Gobbe, physicien de formation et administrateur du Tax Justice Network, est d'abord méfiant lorsqu'il me reçoit chez lui ce matin-là, pour parler de fiscalité, de la Belgique et du combat qu'il mène depuis plus de dix ans. Me croit-il un envoyé de la place financière genevoise? Peut-être veut-il seulement s'assurer qu'il sera bien entendu. « Je travaille beaucoup, pour ça », ajoute-t-il en indiquant la pile de dossiers et de copies d'articles qu'il a préparée à mon intention, dans son bureau tapissé de journaux et de livres.
« Ça », c'est la lutte contre l'injustice fiscale. Commencée d'abord contre la fraude en Belgique, avec les syndicats, pour demander la levée du secret bancaire fiscal et permettre ainsi l'impôt sur la fortune, via un répertoire des fortunes du pays. Mais les choses sont depuis allées beaucoup plus loin: en 2003, lors du G8 à Evian, François Gobbe est en Suisse, où il tient notamment un stand d'information avec l'ONG Attac. Avec une dizaine d'autres Européens, il y lance l'idée d'un réseau international contre l'injustice fiscale. Le Tax Justice Network (TJN) est né.
« Avec le TJN, on ne s'occupe plus seulement de fraude: il est question du système financier actuel, bâti sur l'évasion fiscale et dans lequel on peut faire tout et n'importe quoi en toute légalité. C'est un système profondément injuste, car il enrichit les riches et appauvrit les pauvres. » Le TJN pose donc une réforme de la finance dans notre société actuelle comme point de départ à tout objectif de développement. « Ces derniers temps, les ONG de développement se rendent compte qu'il faut prendre la question financière plus au sérieux: pour un dollar d'aide qui va au Sud, en tout cas le double repart dans l'autre sens. L'ascenseur financier a inspiré l'argent, et les gens n'investissent plus dans l'économie réelle. »
C'est là tout le problème pour le TJN: il postule que depuis les années 60 et 70, le développement néolibéral de la sphère financière, de plus en plus détachée de l'économie réelle, a engendré des profits énormes dans des secteurs très limités mais une stagnation voire une régression des salaires pour les classes moyennes et les bas revenus. Et les profits réalisés par les banques sont au cœur de ce problème. « De la tradition keynésienne de redistribution, donc d'augmentation des salaires, on est passé au système du crédit. Nous sommes pour revenir à cette redistribution et pour augmenter les salaires. Pour éviter que les gens ne doivent emprunter et fassent tourner la machine du crédit, de l'économie d'aventure ».
La machine du crédit, l'économie d'aventure, cela ne vous rappelle rien? Les prêts à l'immobilier aux Etats-Unis et la spéculation qui les a accompagnés, la crise financière qui en a découlé, puis la crise économique. Autant de questions actuelles et fondamentales, que François Gobbe évoque avec un mélange d'espoir et de désenchantement. Car les choses avancent lentement. Le secret bancaire, en Belgique, date du XIXe siècle, du temps où une bourgeoisie de l'acier et du charbon faisait du plat pays la troisième ou quatrième puissance économique mondiale. « De quoi rassurer les Suisses: ce ne sont pas les inventeurs du système », sourit François Gobbe. Un système qu'il estime donc durablement installé, d'autant que ceux qui ont profitent, comme par exemple les avocats d'affaires et leurs salaires très élevés, ne veulent pas y renoncer. On sent pourtant qu'il a envie d'y croire. Vous trouverez l'interview complète dans le fichier ci-joint:
En savoir plus sur le Tax Justice Network. A recommander: Christian Chavagneux et Ronen Palan, Les paradis fiscaux, éd. La Découverte, 2007.
Le contrôleur (jeune homme de 18 ans environ, qui travaille dans le bus familial): "Billets, s'il vous plaît".
Le passager, Rom, en chemin: "Je n'ai pas!"
"Alors je t'en vends un". Il sort son lot de billets de bus.
"Je n'ai pas de cash".Il sort une peluche. "Mais j'ai ca, regarde. Ca vaut 2 euros 50, le prix du billet"
"Arrête, 2 euros 50, c'est pas la mer à boire!"
"Je te dis que la peluche vaut le prix du billet. Sinon j'ai d'autres babioles, regarde!" Il sort un sac rempli d'objets en tout genre.
"Bon, écoute, disons que je te fais le billet 1euro 60 et tu me laisses la peluche, OK?"
"Ah non, pas de peluche alors"...
Il finit par payer le billet 1 euro 60 et le contrôleur pose la peluche sur le pare-brise, en guise d'affaire conclue.
« La nuit, le compteur ne marche pas ». Curieux. Pourtant, c’est le matin… Enfin. Pour 120 dirhams – soit un peu plus de 15 francs –, on ne va pas chipoter avec le chauffeur du taxi… Surtout qu’il n’y a que vingt minutes de trajet entre mon hôtel et l’aéroport.
Après quelques tribulations à ce même aéroport, et dont je vous passerai les détails, j’arrive à prendre la correspondance pour Tunis à Casablanca. La température est plus basse – elle tourne quand même autour des 40 – 42°C ! – mais beaucoup moins supportable. Ici, l’air est très lourd. J’appréhende déjà ma première nuit à Tunis…
C’est Mehdi qui vient me chercher en voiture. Cet étudiant en hôtellerie de 25 ans m’accompagnera durant tout mon séjour. « Tu vas en voir des choses avec moi. » Et bien je me réjouis ! Et j’espère que vous aussi !
Comme pour mon arrivée à Marrakech, voici la vue depuis le lieu où je dors, à 14 kilomètres du centre de Tunis… Beaucoup moins glamour que la première…