Dans la grisaille brumeuse des villes chinoises, des nuits d’insomnie, des jours de flânerie, des rencontres. Peu de moments pour penser, beaucoup d’idées qui se bousculent. Et le temps qui file, très vite. Au milieu de tout cela, tant d’images qui restent accrochées à ma mémoire.
Celle de ce vieil homme au fond d’une ruelle de Hong Kong, fabriquant des téléphones portables en papier, que des familles offriront aux morts en les brûlant sur les tombes. Celle des Shanghaïens qui font leurs courses au supermarché en pyjama, juste parce que c’est plus confortable et malgré les recommandations du gouvernement de se rhabiller pour faire bonne figure, le temps d’une exposition universelle. Ou le gardien de la grande mosquée d’Urümqi qui, sous les caméras de surveillance, décide d’ouvrir la porte du lieu saint, momentanément interdit aux visiteurs étrangers. Et bien d’autres encore. Des moments qui ne se sont pas laissés capturer par des mots ou des photos. Les mégapoles infatigables de Chine, aux prises avec leurs bouleversements, donnent l’impression que l’Histoire peut se faire et se défaire en un rien de temps, pour le meilleur et pour le pire. Et, surtout, elles recèlent des histoires individuelles extraordinaires.
C’est le moment des au revoirs, du retour, de ceux où la pensée vagabonde. Avant de partir, j’ai reçu un nom chinois. Il signifie « petite maison au bord d’un lac entouré de forêt ». Ça me fait penser à un pays…






